Déconfinement : A l'aube de notre adolescence

 

A l’aube de notre adolescence, et si l’on se faisait confiance ?

Le danger s’est présenté à nous de manière brutale. Il nous a semblé être partout, total. Tout est si vite arrivé, sans que nous ne soyons préparés. Ça a été une situation inédite de mémoire de vivant, touchant l’humanité, toute entière. Notre environnement, que nous croyons dominer, nous ai devenu hostile. Comme si le danger, invisible, était tout à coup partout. Et ce partout, est bien trop grand pour nous. Renvoyés à notre vulnérabilité, nous avons pris conscience d’être bien petits.

 

Voyant ces petits comme des tout-petits en danger, nos autorités en bons patriarches, ont tout verrouillé. Puisque ce danger invisible se loge partout, elles ont enlevé de l’habitat toute forme qu’il pourrait prendre pouvant faire mal. Les objets semblant trop pointus et trop tranchants ont été rangés dans les placards. Des embouts ont été placés à chaque coin de table. Les meubles trop bas ont été rehaussés, toutes les prises ont été camouflées. Et l’on nous a demandé de ne plus bouger. Notre environnement étant devenu trop insécurisant. Pourtant, après quelques mois passés, il va bien falloir à nouveau marcher.

 

Oui, mais. Si « l’autorité » ne régit plus de manière stricte nos faits et gestes, et si l’on ne peut plus se permettre la liberté d’agir que l’on se connaissait avant, quel est cet entre-deux que nul ne connait, entre liberté et responsabilité ? Sommes-nous capables de prendre sur nous au nom de l’Autre ? Oui il est probable que jusque-là ça n’ait pas été notre « culture », que nous soyons plus individualistes que les asiatiques qui portent un masque au moindre rhume ; plus indisciplinés et moins respectueux que dans les pays nordiques où nul n’eut besoin d’être contraint pour ne plus aller dans les magasins. Mais pour autant, sommes-nous condamnés à ne jamais changer ?

 

Nous avons été lourdement bousculés. Nos croyances ont été interrogées. Nous savons les potentiels dangers de nos gestes inconsidérés. Et si nous faisions confiance en ce que ces prises de conscience vont générer ? Et si nous faisions confiance en notre instinct de vie ? Et si nous faisions confiance en cet esprit solidaire qui s’est si bien exprimé ? Et si notre empathie fortement activée nous avait fait revoir l’Autre comme un frère ? Et si cette épreuve nous avait fait évoluer ? Ne peut-on imaginer que de s’être sentis à nouveau tout-petits, nous ayons compris qu’il nous fallait nous adapter ? N’est-ce pas là le principe même de l’évolution de l’humanité ?

 

 

Alors à l’aube de cette adolescence nous allons faire nos expériences. Oui, certains auront peur, certains seront en doute, certains seront confiants, et d’autres insouciants. Oui certains commettrons des erreurs, oui nous n’arriverons pas tous dans le même temps à devenir responsables et autonomes dans le respect des autres. Oui certains seront plus matures, et d’autres encore resteront juvéniles. Mais chacun de nous va essayer. Chacun de nous va essayer, et Ensemble, nous entraidant, nous conseillant, nous critiquant, nous félicitant les uns les autres, nous accompagnant, nous allons y arriver. Nous ne verrons plus le danger dans les objets, mais dans notre manière de marcher côte-à-côte. Les plus clairvoyants guideront ceux qui tombent, certains tiendront le bras de ceux qui trébuchent encore, les plus audacieux empêcheront de nous scléroser, les plus timorés freineront les trop pressés. Et notre grande fratrie par sa force solidaire et son envie de Vie se remettra en marche. Différemment. Notre culture sera vraisemblablement modifiée, un plus colorée encore de notre humanité.

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Commentaires: 5
  • #1

    Marie (samedi, 09 mai 2020 11:38)

    Merci pour cette réflexion positive..

  • #2

    Nathalie (samedi, 09 mai 2020 12:48)

    Bonjour, merci pour cet article sur la question de la confiance, qui tisse des liens et produit de la valeur, plutôt que la défiance, qui nous isole les uns des autres. Première étape, reprendre confiance en nous, individuellement et collectivement.

  • #3

    Jocelyne (samedi, 09 mai 2020 14:39)

    Merci pour ce beau message
    Oui le danger s est éloigné
    Mais nous devons rester vigilants, tous ensemble ...
    Cherchons à vivre autrement : moins de mondialisation, plus de naturel . Soyons attentifs à notre environnement , profitons des richesses de notre terre sans les abîmer et alors peut être biberons nous dans un monde meilleur
    Portez vous bien

  • #4

    Amandine (samedi, 09 mai 2020 15:21)

    Merci Isabelle pour ces belles pensées, avec plaisir de te retrouver pour tes enrichissantes séances de méditation imaginatives. Bien à toi bon courage à nous tous pour ces prochaines semaines d’adaptation.

  • #5

    Dana (samedi, 09 mai 2020 15:58)

    Il est vrai, nous sommes encore des enfants à l'échelle de la vie humaine; il est vrai, cette épreuve nous fera grandir, je l'espère, en tant qu'individu autant qu'en tant qu'humanité. En tout cas tout cela nous permet de distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas, ce qu'on doit laisser dernière nous et ce qu'on doit cultiver; bref, de se concentrer sur ce qui est vraiment important et de faire de son mieux, peu importe ce que nous réserve la suite. Merci Isabelle et bonne évolution à tous ;)